Témoignage d’un pickpocket
A la traque des pickpockets
Leur “terrain de chasse”: les quartiers touristiques, les gares et autres lieux passagers qui figurent parmi leurs endroits de prédilection. Contrairement aux autres services de la PJ qui ont vocation à prendre des saisines, les enquêteurs du groupe “pickpocket” partent chaque jour dans les rues de Paris traquer les voleurs à la tire. A pied, à moto, en voiture, ils filent des suspects, identifiés au préalable ou pas, jusqu’au flagrant délit. “On marche entre une et trois heures par jours, souvent seuls. On se répartit les secteurs chaque midi, avant de partir “, confie Thomas, le chef de ce groupe d’investigation spécialisé (GIS).
Dans les bureaux, des chaussures de marche, des sacs à dos et des plans de Paris trainent un peu partout. En revanche, pas de tenue vestimentaire spécifique. L’objectif est de rester le plus neutre possible. “Il ne faut pas se déguiser. On serait tout de suite vu”, poursuit le policier.

En garde à vue depuis quelques minutes, Hassan, la vingtaine, a été repéré dans le 18e parce qu’il était déjà connu du service. L’un des hommes du groupe pickpocket a décidé de le suivre jusque dans un bus où il a discrètement subtilisé le portable d’un passager.
Blouson de cuir sur le dos, la mine fatiguée, le jeune homme explique pourquoi il donne à chaque fois une nouvelle identité aux policiers. “J’avais peur d’être envoyé au bled”, lance-t-il. Café à la main, il raconte: “J’ai fait tout ça pour ma femme. Elle travaille et j’ai pas de toit à lui offrir”.
Avant de passer en comparution immédiate dans l’après-midi, il tente une dernière tactique: “Vous pouvez pas dire au juge de m’envoyer au centre de rétention? Je retournerais au pays et j’éviterais la prison comme ça”. “On ne peut rien faire”, lui rétorque l’enquêteur qui lui prête tout de même pendant quelques minutes un téléphone pour appeler sa compagne et la rassurer. “Ici, à la PJ, c’est un centre dix étoiles…”, blague-t-il. Avec cinq passages de quelques mois à la prison de Fleury-Mérogis, Hassan sait de quoi il parle.
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